Un couvert flexible et le tour est joué ?
Des travaux sur le développement de la coordination main-bouche pendant l’auto-alimentation montrent que cette coordination évolue fortement entre environ 8 mois et 3 ans, avec des étapes observables dans la cuillère et le geste.
Des recherches relient le développement de la préhension (reach–grasp) à des mesures EEG (électroencéphalogramme) au niveau sensorimoteur, notamment autour du rythme mu**, associé à l’action et à l’observation d’actions.
Alors le but, Chers lecteurs n'est pas de vous livrer de façon brut, des détails trop nombreux mais ils se trouvent que de nombreuses études sont menées au niveau Européen et Américain sur la mobilité du poignet. Il faut savoir que la coordination avec le cerveau est l'équivalent d'un pas sur la lune pour votre enfant !
Alors oui, les couverts flexibles sont utiles et satisfaisants pour l'apprentissage de votre petit bb. Il s'active, il apprend, il réagit à son environnement.
Sans sur-interpréter : cela soutient l’idée qu’à mesure que bébé agit mieux, son système sensorimoteur (et ses liens avec l’attention -observation) s'organise plus facilement.
L’expérience motrice booste l’exploration
Le paradigme des “sticky mittens” (moufles adhérentes) a montré qu’en donnant à de très jeunes bébés un moyen de “réussir” la saisie plus tôt, on observe ensuite davantage d’engagement dans l'exploration d’objets (un modèle classique d’effet de l’expérience motrice sur le développement). L'enfant saisit plus vite, il est dans le mouvement et il apprend, c'est pourquoi les couverts flexibles connaissent un tel succès.
Ça ne veut pas dire qu’il faut des moufles ou une cuillère “magique”, mais ça illustre un principe : réussir une action (même imparfaitement) ouvre des portes d’exploration.
Pour voir la vidéo des Sticky mittens sur youtube : aller sur le compte Kennedy Krieger Institute et vous découvrirez un tout petit bb se dépasser pour saisir un objet avec des mitaines à scratch. L'on découvre ainsi que les Américains consacrent un énorne budget à étudier le développement moteur des bébés et petits enfants.
Deux grandes figures pour cadrer l’esprit :
un pédiatre américain et une pédiatre européenne
Côté américain : T. Berry Brazelton (pédiatre)
Le Dr T. Berry Brazelton a beaucoup insisté sur l’idée que le développement est fait de périodes de poussées, de régressions apparentes, et d’ajustements — et que l’autonomie se construit par étapes (ses “Touchpoints”). Dans ses repères, l’alimentation et l’autonomie à table font partie des domaines où l’enfant expérimente et apprend, avec des allers-retours.
Application à la cuillère : l’enfant ne devient pas “propre” et efficace d’un coup. Les essais salissants font partie du processus neuro-moteur ou les couverts flexibles ou non, font désormais partie du jeu.
Côté européen : Emmi Pikler (pédiatre, Hongrie)
La Dre Emmi Pikler est une figure majeure en Europe sur le développement moteur du tout-petit, connue pour l’importance accordée à la motricité libre : laisser l’enfant initier ses mouvements, progresser à son rythme, dans un environnement adapté plutôt que de “mettre” l’enfant dans des postures qu’il ne maîtrise pas encore.
Application à la cuillère : proposer un outil adapté comme un couvert flexible, puis laisser l’enfant expérimenter, recommencer, ajuster. L’adulte sécurise, mais ne fait pas à la place.
Conclusion : la cuillère est un exercice de neuro-développement déguisé
La mobilité du poignet n’est pas un détail : c’est l’une des clés qui transforme un geste “en bloc” en un geste précis. Une cuillère (ou fourchette) flexible peut être une excellente rampe de lancement : elle augmente les réussites, donc l’autonomie, donc la quantité d’essais — et ce volume d’expérience nourrit la maturation psychomotrice.
Et c’est là que le sujet devient passionnant : chaque repas est une séance de développement où le bébé entraîne coordination, attention, planification et confiance en soi. À la manière de Brazelton (développement par étapes, avec essais/erreurs) et de Pikler (laisser l’initiative motrice à l’enfant), on peut soutenir sans sur-diriger : avec un outil adapté, un cadre sécurisé, et beaucoup de liberté d’expérimenter.