C'ETAIT QUOI UN ENFANT URBAIN ?

C'ETAIT QUOI UN ENFANT URBAIN ?

CHOQUANT POUR NOUS .... MONNAIE COURANTE A L'EPOQUE


C'était un enfant venant de la ville et que l'on plaçait en nourrice lors de ses premiers mois. En effet, au tournant du XXᵉ siècle, la mise en nourrice — c'est-à-dire l’envoi d’un nouveau-né de la ville chez une nourrice à la campagne est une pratique courante en France. 
À Paris et dans d’autres grandes villes, des dizaines de milliers d’enfants étaient ainsi confiés chaque année à des femmes des départements voisins ; pour Paris on estime qu’à la fin du XIXᵉ siècle plusieurs dizaines de milliers d’enfants étaient élevés hors de la ville. 

Qui était la nourrice ?

La « nourrice rurale » était le plus souvent une femme paysanne pauvre ou très modeste qui recevait en pension un enfant urbain contre une rémunération. — parfois elle avait déjà allaité et sevré son propre bébé — parfois c'était en même temps. 

Les nourrices appartenaient à des « cercles » (premier cercle, second cercle selon la proximité et la qualité) : les nourrices du premier cercle, plus proches et mieux sélectionnées, étaient réservées aux familles plus aisées ; les autres acceptaient des enfants pour des tarifs plus bas. 

D'ailleurs, les agences ou « bureaux de nourrices » organisaient ces placements et, au XIXᵉ siècle, faisaient l’objet d’une attention administrative croissante, parce que le marché prenait une place croissante, les médecins des villes conseillent alors d'envoyer les enfants en plein air chez des nourrices, à la campagne. 

Comment elle nourrissait l’enfant ? 

La pratique réelle variait fortement selon la nourrice et la région. Beaucoup de nourrices donnaient effectivement le sein, mais une part importante (et croissante vers la fin du XIXᵉ siècle) utilisait aussi le biberon et des préparations de « laits animaux », bouillies ou potages de sevrage. 
L’alimentation artificielle (biberon) se répand particulièrement à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle : à la veille de la Première Guerre mondiale, une proportion importante des enfants en nourrice recevaient le biberon (on estime qu’à cette période seule une minorité des enfants envoyés en nourrice étaient allaités au sein)

Mortalité et controverse publique

Les enquêtes et mémoires médicaux du milieu du XIXᵉ siècle avaient mis en évidence une mortalité très élevée chez les enfants envoyés en nourrice — certaines enquêtes des années 1865–1870 notent des taux dramatique­ment supérieurs chez ces enfants par rapport aux enfants restant en milieu urbain — ce qui provoqua scandale, débats politiques et tentatives de contrôle sanitaire. Les démographes et médecins de la fin du XIXᵉ s’étaient donc intéressés aux liens entre mise en nourrice, mode d’alimentation (allaitement / biberon) et mortalité infantile. Et l'engouement des débuts pour ces placements a vite disparu, les familles bourgeoises craignant de perdre leur progéniture.

Quand donnait-on « à manger » pour la première fois ? 

Les recommandations médicales classiques du XIXᵉ siècle variaient, mais plusieurs autorités (médecins et traités de puériculture) conseillaient de ne pas sevrer trop tôt : des règles courantes recommandaient que le lait reste l’aliment principal jusqu’au 9ᵉ–10ᵉ mois, le sevrage étant envisagé entre 10 et 18 mois selon les sources médicales traditionnelles. 

Dans la pratique cependant, l’introduction d’aliments de sevrage pouvait être bien plus précoce — notamment pour des raisons économiques ou parce qu’une nourrice souhaitait accélérer le sevrage (pour devenir enceinte de nouveau ou pour placer d’autres enfants) : des études montrent des recours à des bouillies et potages dès l’âge de quelques mois, parfois dès 2–4 mois dans des cas de sevrage très précoce. 

En somme : les recommandations médicales « idéales » conseillaient souvent 9–10 mois, mais la pratique réelle pouvait anticiper l’introduction d’aliments complémentaires de façon significative.

C'est en définitive cet héritage que nous avons reçu, même si la raison première a changé : nous introduisons la nourriture pour stimuler notre bébé, pour renforcer son organisme et pour lui donner toutes les chances de développer son goût, son odorat mais aussi son indépendance. 

 

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